Eventos Académicos, 39 ISCHE. Educación y emancipación

Tamaño de fuente: 
Identités masculines, expression corporelle et éducation physique en France entre 1967 et 1985
Nicolas Iffrig, Jean Saint-Martin

Última modificación: 2017-07-17

Resumen


Au cœur de la France des années 1970 marquée par une vague de bouleversements idéologiques et culturels, l'expression corporelle constitue une expérience novatrice et unique en Education Physique et Sportive (EPS) face à l’hégémonie du sport en EPS.

Par son approche dérégulée, personnelle et émancipatrice, l'expression corporelle marque une rupture dans la gestion du corps des enfants scolarisés. Par son intermédiaire, les élèves ont ainsi accès à de nouvelles pratiques sollicitant le sensible et l’expressif. Cette conception de l’EPS bouleverse en outre la représentation de l'identité masculine de cette époque. Dominant, courageux, autoritaire et principalement reproduit par l’enseignement du sport, l’idéal masculin se trouve alors redéfini et remis en question.

En dénonçant le caractère reproductif et inégalitaire du sport, les promoteurs de l'expression corporelle visent non seulement à désacraliser le modèle patriarcal mais recherchent aussi l'émergence d'un nouvel idéal masculin, tourné vers plus émancipation et d’épanouissement. Au demeurant, les auteurs constatent l’émergence de nouvelles masculinités qu’ils qualifient de subordonnées voire marginalisées, et qui trouvent dans l’enseignement de l’expression corporelle un terrain inédit de prédilection. L'analyse exhaustive des revues professionnelles (Cahiers du GREC, Revue Esprit, Revue EPS) et les entretiens de divers acteurs de l'expression corporelle (notamment JB. Bonange) permettent de mettre en évidence une prédominance des rapports sociaux de classe sur les rapports sociaux de genre, dans la mesure où l'expression corporelle émerge essentiellement dans les milieux favorisés tels que les universités, et ne parvient pas à se diffuser dans les milieux populaires, lieux de résistances d'une masculinité hégémonique traditionnelle. Dans quelle mesure pouvons-nous alors ranger ce mouvement de l’expression dans le camp du progressisme en éducation physique ?